Le concept de « regularity »


Le mot « régularité » est relativement récent et doit être davantage compris dans le sens anglais (regular, c’est-à-dire « normal ») que par rapport à l'idée d'une règle au sens latin des ordres monastiques. Mais ce mot recouvre cependant une notion beaucoup plus ancienne, et qui n'est pas exactement superposable à celle des landmarks, puisqu'elle fait référence aux « Anciens Devoirs », c’est-à-dire aux anciennes règles de métier des corporations de maçons. Or ces règles :
Ne sont pas toujours directement transposables, sans une interprétation métaphorique, à la franc-maçonnerie moderne, dite « spéculative ». C'est par exemple le cas des règles qui régissaient le paiement des travaux ou l'interdiction d'employer sur les chantiers de l'époque des travailleurs mal-voyants.
Ont toujours été en partie différentes selon les époques et les régions.
Furent « refondues » comme on l'a vu plus haut à l'époque d'Anderson, laquelle refonte fut contestée dès l'origine (conflit des Antients et des Moderns).
Il reste que la plupart des obédiences se sont plus ou moins accordées au fil du temps sur un ensemble de règles, formulées de manière suffisamment souple, et dénommées « critères de régularité ».
Les obédiences du courant « principal » s'accordent généralement sur la liste de critères promulguée par la Grande Loge Unie d'Angleterre, dans sa version de 1929 ou dans celle, légèrement différente, de 1989.

D'autres obédiences, tout en accordant une grande importance à cette question de la régularité, ajoutent ou retranchent certaines choses à leurs propres listes de « critères de régularité ». C'est par exemple le cas de celles qui n'acceptent les Anciens Devoirs que dans les strictes limites de la version donnée par Anderson, en 1723 ou de celles qui, à l'inverse, considèrent comme un critère traditionnel de régularité l'interdiction des discriminations religieuses ou raciales.