Est et fideli tuta silentio

Merces : vetabo, qui Cereris sacrum

Vulgarit arcanae, sub isdem

Sit trabibus, fragilemve mecum

Solvat phaselum.

Horace fut autrefois orateur d'une grande loge établie à Rome par Auguste, pendant que Mécène et Agrippa y étaient surveillants. Les meilleures odes de ce poète sont des hymnes qu'il composa pour être chantées à nos orgies. Oui messieurs, les fameuses fêtes de Cérès à Eleusine, dont parle Horace, aussi bien que celles de Minerve à Athènes et d'Isis en Egypte n'étaient autres que des loges de nos initiés, où l'on célébrait nos mystères par les repas et les libations mais sans les excès, les débauches et l'intempérance où tombèrent les païens, après avoir abandonné la sagesse de nos principes et la propreté de nos maximes.

Le goût des arts libéraux est la troisième qualité requise pour entrer dans notre Ordre, la perfection de ce goût fait l'essence, la fin et l'objet de notre union. De toutes les sciences mathématiques, celle de l'architecture, soit civile, soit navale, soit militaire est, sans doute, la plus utile et la plus ancienne. C'est par elle qu'on se défend contre les injures de l'air, contre l'instabilité des flots, et surtout contre la fureur des autres hommes.

C'est par notre art que les mortels ont trouvé le secret de bâtir des maisons et des villes pour rassembler les grandes sociétés, de parcourir les mers pour communiquer de l'un à l'autre hémisphère les richesses de la terre et des ondes, et enfin de former des remparts et des machines contre un ennemi plus formidable que les éléments et les animaux, je veux dire contre l'homme même qui n'est qu'une bête féroce, à moins que son naturel ne soit adouci par les maximes douces, pacifiques et philanthropes qui règnent dans notre société.

Telles sont, messieurs, les qualités requises dans notre Ordre dont il faut à présent vous découvrir l'origine et l'his­toire en peu de mots.